Histoire du piercing

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Histoire du piercing

Message par zephylyne le Lun 30 Nov - 17:57

Histoire du piercing


PRÉHISTOIRE 
Guerre du feu La pratique du piercing est très ancienne et est apparue avec les premières sociétés primitives.
Déjà au néolithique, en Afrique, notamment chez les Mursi, une tribu d'Éthiopie, des labrets en pierre étaient insérés au niveau de la lèvre inférieure ou aux lobes des oreilles.


Dans le film de Jean-Jacques Annaud, «La Guerre du Feu», oeuvre dans laquelle il a démontré son talent de réalisme car s'étant largement documenté, un des personnage porte un piercing au nez sous forme d'une dent ou d'une griffe traversant la narine (photo). Certes il s'agit d'un personnage d'une tribu pas vraiment sympathique, mais l'essentiel n'est pas là... Un autre membre de cette même tribu porte le même type d'ornement à l'autre narine. On peut donc imaginer aisément que le piercing était pratiqué couramment chez nos lointains ancêtres, plus sans doute par raison magique ou spirituelle qu'esthétique.


Il n'existe pas de véritables traces précises sur la méthodologie de ces pratiques mais l'hypothèse la plus plausible consiste à penser que les perforations étaient effectuées avec des objets en forme d'aiguille de matières diverses (os, corne, arête de poisson, bois, pierre puis métal...). On plaçait ensuite un bijou de ces mêmes matières. Au Maghreb, le perçage se réalise encore de nos jours avec une aiguille et un fil de laine. Il est démontré que l'Homme utilise depuis très longtemps des plantes anti-sceptiques. Il est donc fort à parier qu'il ait pu utiliser ces plantes durant la cicatrisation afin d'éviter les infections. Nous pensons sincèrement que tout a été déjà testé en matière de piercing et que seuls ceux qui avaient le plus de chance de "tenir" ont subsistées. Nous verrons cependant dans un chapitre suivant que les techniques modernes permettent de repousser certaines de ces limites.




ANTIQUITÉ 
Cette période nous ayant laissé beaucoup plus de vestiges, il est plus aisé de démontrer l'utilisation courante du piercing, et ce dans des régions différentes.


Dans la Genèse (24:22), le domestique d'Abraham a donné des boucles d'oreilles et des bracelets à Rebecca, future épouse de son fils Isaac (1900 avant JC), bien que le nom original en hébreu soit Shanf, qui signifie «anneau pour le nez». Nous reviendrons un peu plus loin sur la Genèse qui livre d'autres éléments intéressants à ce sujet.


Des boucles d'oreille sont retrouvées dans la tombe de Toutânkhamon (1330 avant JC). Ce genre de boucles d'oreille portées par les ennemis africains étaient dépeintes sur les murs des temples égyptiens. Les boucles d'oreille étaient probablement introduites par les Hyksos, envahisseurs asiatiques installés en Égypte pendant la seconde période intermédiaire. Elles étaient portées tant par les femmes que les hommes mais il semblerait que les hommes les portaient uniquement jusqu'à l'adolescence. On notera cependant clairement les lobes élargis visibles sur le masque mortuaire .




Tout le monde connait les oreilles pendantes du Bouddha et il existe une explication tout à fait rationnelle. Avant de devenir l'Éveillé, Siddartha Gautama (624 à 544 avant JC), prince de son état, portait de riches boucles d'oreilles (sans doute en or) qui ont du les étirer par le poids, à moins qu'il ne s'agisse d'élargissements. Ayant abandonné ensuite toute forme de biens matériels, il est raisonnable de penser que ses oreilles n'ont pas retrouvé leur forme originelle ; l'interprétation fut que leur forme était due aux nombreuses réincarnations.


Constantin 1erÀ Rome peu après l'an 300, Constantin 1er se convertit au christianisme. C'est alors qu'il fait interdire les modifications corporelles, en particulier le tatouage alors très courant, et très probablement le piercing par la même occasion. Et c'est bien le christianisme qui marque la mise en sommeil des pratiques tribales et païennes. Toujours dans la Génèse, (35:4) : «Et ils donnèrent à Jacob tous les dieux de l'étranger qui étaient entre leurs mains et les boucles qu'ils avaient aux oreilles ; et Jacob les enfouit sous le chêne qui est à Sichem.»


Dans des temps anciens, une croyance prétendait que pour éviter que les esprits malveillants entrent dans le corps ou pour préserver l'oreille des sons et des paroles néfastes, il fallait placer des amulettes près des orifices ; croyance que l'on retrouve dans bon nombre de civilisations. Dans cet extrait de la Genèse, Jacob demande à ceux qui l'entourent de se séparer des anciens objets de cultes "païens" (statuettes ou idoles pour "les dieux de l'étranger").


Peu de temps avant Constantin 1er, Dioclétien alors César avait beaucoup d'estime pour le soldat Sébastien et l'aurait ainsi nommé capitaine de sa garde prétorienne. Mais, chargé au départ de traquer les chrétiens, Sébastien avait fini par adopter leur foi et se comportait même comme un dangereux prosélyte. Dioclétien donna donc à ses soldats l'ordre de l'exécuter en le transperçant de flèches, ce qui fut fait aussitôt. C'est pour cette raison que Sébastien est le saint patron des perceurs (depuis le XXème siècle uniquement).






MOYEN-AGE 
En Occident, l'austérité religieuse pousse à l'extrapolation du sens premier des écrits. Ainsi, au temps du Christ, il y avait une vue que l'utilisation du maquillage et des bijoux était d'origine démoniaque. Voir le Livre Éthiopique d'Énoch (Knibb, Oxford Clarendon, 1982, Vol. 2, pp. 79-86). En effet, le piercing n'est pas du tout compatible avec cette religion qui veut que «Dieu est parfait, il nous a fait à son image». Il en découle tout naturellement : «Pourquoi modifier cette image ?». Pour se débarrasser de cette «pratique païenne», l'Église l'a associée ni plus ni moins à l'Enfer. Il suffit pour s'en convaincre de contempler les peintures religieuses de cette époque. La plupart des oeuvres vouées à ce sujet montrent des créatures démoniaques aux corps modifiés (mélange homme-animal) affublés de perforations corporelles (anneau dans le groin ou les oreilles, la pudeur de l'époque empêchant des fantasmes artistiques plus poussés de la part des peintres).


Pendant ce temps dans d'autres parties du globe, le piercing continue de se pratiquer.


La pratique du piercing permet le port d'ornements et donc, selon des critères très variables, d'embellir le corps. Son utilisation dans ce but se retrouve sur tous les continents. L'un des exemples les plus frappant est celui des Mursi, peuplade d'Éthiopie connue pour ses femmes à plateaux, comme illustré sur cette photo.


La raison première d'esthétisme est un peu mise à mal avec la théorie selon laquelle cette pratique serait le résultat d'une parade contre les esclavagistes arabes sévissant dans cette région du globe en rendant les femmes "impropres à la vente". Les Mursis eux-mêmes ne savent plus très bien l'origine de cette pratique.


Le piercing au nez est une coutume provenant de l'Inde. Il était, à l'époque, réservé aux castes supérieures. En Inde et au Pakistan, cette coutume se pratique depuis des siècles. En Inde, le piercing au nez est couramment porté par les femmes depuis le XVIe siècle.


Comme expliqué précédemment, cette pratique a probablement été importée par les Hyksos dans leur extension vers l'Asie de l'est.


En Amérique centrale, la perforation de la langue était populaire dans l'élite des civilisations aztèque et maya, bien qu'elle ait été effectuée en tant qu'élément rituel non permanent, supposé permettre d'entrer en contact avec les Dieux. Ils portaient alors des barres en or.
Ces civilisations précolombiennes portaient des bijoux aux oreilles, au nez, et à la lèvre inférieure. De telles décorations continuent à être populaires parmi les peuples autochtones de ces régions.




Dans certaines sociétés, par le perçage de certaines parties du corps et/ou en portant certains ornements, on pensait acquérir des pouvoirs magiques ou spirituels, ou bien encore augmenter les chances de guérison de certaines maladies ; mais nous verrons dans le chapitre suivant les différentes raisons pour lesquels le piercing est pratiqué. En Amérique du Sud par exemple, certains piercings sont pratiqués par mimétisme afin de ressembler à certains animaux (notamment le jaguar pour les chasseurs).




RENAISSANCE - XIXème siècle 
Malgré l'austérité moyen-agueuse, la pratique du piercing pour les lobes d'oreille a survécu. On la retrouve dans les basses couches de la société, mais aussi dans l'élite. Tout le monde connait l'oreille percée d'Henri III à laquelle pendait une goutte en nacre, par exemple.


La coquetterie féminine remet au goût du jour le port des boucles d'oreille.


Chez les hommes, la pratique reste marginale. Elle réside surtout à la célèbre boucle d'oreilles des marins, coutume peut être ramenée des lointains voyages. On lui donne deux explications. La première consiste en l'obtention d'une meilleure vue par le perçage d'un endroit précis du lobe (sans doute résultant de l'accupuncture chinoise). La deuxième, plus probable est qu'ils étaient fortement exposés au risque de noyade. En portant un anneau en or, celui-ci aurait pût permettre des funérailles décentes en revendant l'or, si le corps était retrouvé.

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